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2026-04-19 · 8 min de lecture

Une Journée dans la Vie d'une Au Pair en Italie (2026)

Tu as 20 ans, tu viens d'une ville moyenne en République tchèque, et tu vis depuis deux mois avec une famille dans un quartier résidentiel à l'est de Rome. L'appartement est au troisième étage d'un immeuble jaune pâle avec des volets qu'on utilise vraiment. Tu as ta propre chambre, vous dînez ensemble presque tous les soirs, et ton italien progresse plus vite que prévu — en partie parce que les enfants refusent de parler anglais. Voici à quoi ressemble un mercredi ordinaire.

7 h 30 — Petit-déjeuner à l'italienne

Ton réveil sonne et tu te traînes pieds nus sur le carrelage frais jusqu'à la cuisine. Ta mère d'accueil, Francesca, est déjà là. Elle te tend une petite tasse d'espresso préparé à la moka — cette cafetière que chaque foyer italien possède au moins en double. Le petit-déjeuner est léger : un paquet de biscotti sur la table à côté d'un pot de Nutella, et une boîte de fette biscottate (des toasts fins et secs) si tu veux quelque chose de plus simple. Pas d'œufs, pas de bacon, pas de grand étalage. Le petit-déjeuner italien, c'est du café et quelque chose de sucré, debout ou en cinq minutes. Il t'a fallu environ une semaine pour ne plus avoir faim à dix heures. Maintenant tu t'y es habituée, et l'espresso est tellement bon que ça ne te dérange pas.

Les enfants, Sofia (4 ans) et Marco (6 ans), sont à table en uniforme — le grembiule bleu (blouse) que portent les écoliers italiens par-dessus leurs vêtements. Sofia trempe des biscotti dans du lait chaud. Marco fixe le mur avec le regard vide d'un enfant éveillé depuis trois minutes.

8 h 15 — Le chemin de l'école

Tu accompagnes les deux enfants à pied. Sofia va à la scuola materna — l'équivalent italien de l'école maternelle pour les 3-5 ans. Marco va à la scuola elementare, l'école primaire juste à côté. La marche dure douze minutes dans des rues résidentielles bordées de pins parasols et de Fiat garées. Tu passes devant un forno (boulangerie) qui sent incroyablement bon, un bar où des hommes en costume boivent leur espresso au comptoir, et une petite piazza avec une fontaine entièrement colonisée par les pigeons. Tu déposes Sofia en premier, embrasses sa maîtresse sur les deux joues (il t'a fallu du temps pour t'y habituer), et accompagnes Marco jusqu'à son portail. Il fait un signe de la main et court.

8 h 45–12 h 30 — Temps libre

Ce temps est entièrement à toi, et c'est la partie de l'arrangement qui t'a le plus surprise. Trois matins par semaine, tu suis un cours d'italien dans une école près de la gare Termini. La classe est de niveau B1, un mélange d'au pairs, d'étudiants Erasmus et d'un couple allemand retraité qui a déménagé ici pour la nourriture. Ça coûte environ €400 pour un trimestre, et ta famille d'accueil contribue à hauteur de €50 par mois. Tu apprends le subjonctif et ça te donne mal à la tête, mais tu peux désormais discuter avec un pharmacien et commander au restaurant sans pointer du doigt, donc les progrès sont réels.

Les matins libres, tu explores. Rome est absurde — tu peux passer devant un temple de 2 000 ans en allant acheter du dentifrice. Le premier dimanche de chaque mois, les musées nationaux sont gratuits, alors tu as déjà fait le Colisée, la Galerie Borghese et les Musées du Capitole sans dépenser un centime. Les autres jours, tu t'assieds dans un café près du Trastevere avec un cappuccino (jamais après 11 heures — tu as appris cette règle vite) et tu étudies, ou tu te promènes le long du Tibre, ou tu flânes simplement. Rome est une ville qui récompense la flânerie.

12 h 30 — Déjeuner

Tu récupères Sofia à la scuola materna. Elle parle tout le long du chemin, surtout d'un dessin de chat qu'elle a fait, et tu comprends environ soixante-dix pour cent, contre quarante pour cent à ton arrivée. À la maison, la mère de Francesca — la Nonna — a laissé une casserole de pasta e ceci (pâtes aux pois chiches) sur le feu. Le déjeuner italien, ce n'est pas un sandwich. C'est un vrai repas, souvent en deux services : un primo (généralement pâtes, risotto ou soupe) suivi d'un secondo (viande ou poisson avec un contorno — un accompagnement de légumes). Même les enfants mangent comme ça. Sofia s'assoit volontiers devant une assiette de penne al pomodoro suivie d'un morceau de poulet grillé et de courgettes rôties. L'idée que les enfants mangent différemment des adultes n'existe pas vraiment ici.

Vous mangez ensemble à la table de la cuisine. Pas de télé, pas de précipitation. Le déjeuner en Italie est encore un vrai événement, même en semaine. L'eau vient d'une bouteille en verre, le pain trône au milieu de la table, et le repas dure quarante-cinq minutes. Tu débarrasses, remplis le lave-vaisselle et essuies la table. Sofia bâille déjà.

14 h 00–15 h 30 — Riposo

Le riposo — le repos de début d'après-midi — est sacré en Italie, surtout pendant les mois chauds. Sofia fait la sieste. Tu t'assieds sur ton lit avec les volets à moitié fermés, tu réponds à tes messages, tu appelles une amie en vidéo, ou tu lis. Le quartier devient silencieux. Les magasins ferment. Même la circulation semble ralentir. C'est un de ces rythmes italiens qui semblent bizarres la première semaine et complètement naturels dès la troisième.

15 h 30 — La Merenda

Sofia se réveille et c'est l'heure de la merenda — le goûter que chaque enfant italien attend avec la certitude de la gravité. Tu coupes une poire, sors des crackers et un morceau de fromage, peut-être un petit yaourt. Les jours spéciaux, il y a une crostata (tarte à la confiture) que la Nonna a déposée. Tu vas chercher Marco à l'école à seize heures, et il arrive assez affamé pour manger une deuxième merenda immédiatement.

16 h 00–18 h 00 — Activités de l'après-midi

Aujourd'hui tu emmènes les deux enfants au parc. Il y a une villa comunale à dix minutes avec des pins, une aire de jeux et un chemin de terre où des vieux messieurs jouent à la bocce dans la lumière de fin d'après-midi. Sofia grimpe et creuse dans le sable. Marco retrouve deux copains d'école et ils lancent immédiatement un match de calcio (football) avec des sacs à dos en guise de buts. Tu t'assieds sur un banc avec une autre au pair — une Française qui s'appelle Clémence et qui est arrivée la même semaine que toi — et vous parlez de la fois où vous avez toutes les deux utilisé par erreur le vouvoiement « Lei » avec un ado au supermarché.

Les autres après-midi, la routine varie. Le lundi, Marco a natation à la piscina comunale. Le mercredi, Sofia a un cours de motricité entre danse et gymnastique. Tu aides Marco avec ses devoirs — surtout compréhension de lecture et mathématiques simples — et ton vocabulaire italien progresse dans des directions étranges parce que tu connais désormais les mots pour « diviseur », « péninsule » et « roche ignée » avant de savoir dire « je voudrais rendre ceci ».

18 h 30 — Passage de relais

Francesca et son mari, Luca, rentrent du travail. Tu leur fais le compte-rendu : Sofia a bien mangé, les devoirs de Marco sont faits, la natation s'est bien passée. Luca te demande comment se passe ton cours d'italien et corrige ta grammaire de la manière la plus gentille possible. Francesca te remercie, se sert un verre de vin, et tu files dans ta chambre te changer. Ta journée de travail est terminée.

Soirée — Ton temps

Ce soir, tu retrouves trois autres au pairs pour l'aperitivo — le rituel italien d'avant-dîner qui inclut généralement un Spritz ou un Negroni et un assortiment de petits encas. Votre spot préféré est un bar dans le Trastevere où €8 te donnent un cocktail et l'accès à un buffet de bruschetta, petites pizzas, olives et charcuterie. Vous vous asseyez en terrasse sur une rue pavée et regardez le quartier s'animer. Des familles avec des poussettes, des couples main dans la main, des ados sur des Vespas, des touristes qui consultent des plans. La passeggiata — la promenade du soir — n'est pas un mythe. Les Italiens sortent vraiment se promener sans autre raison que le plaisir.

Après les verres, vous marchez jusqu'à votre gelateria préférée près de la Piazza Navona. Tu prends pistache et chocolat noir. Clémence prend stracciatella et la fait immédiatement tomber sur sa chaussure, ce qui devient le moment le plus drôle de la semaine. Vous rentrez lentement par des rues tièdes, devant des églises éclairées et des restaurants où les gens ne s'attablent pour dîner qu'à neuf heures et demie. Rome la nuit est une autre ville — plus calme, dorée et infiniment belle.

Tu es rentrée à dix heures et demie. Tu envoies à ta mère une photo du gelato (avant l'incident de la chaussure), tu lis quelques pages du roman italien que tu es en train de lire, et tu mets ton réveil à sept heures et demie.

Les chiffres

L'Italie n'a pas de loi nationale unique régissant les au pairs comme l'Allemagne, mais il existe des normes largement acceptées et les arrangements sont bien établis. Voici à quoi ressemble un poste d'au pair typique en Italie :

  • Argent de poche : €250–300 par mois, selon la famille et les heures
  • Heures de travail : 25–30 heures par semaine
  • Jours de repos : au moins 1 jour complet par semaine, plus un week-end complet par mois
  • Vacances : 2 semaines de congés payés pour un séjour de 12 mois (négociable)
  • Cours de langue : beaucoup de familles contribuent aux cours d'italien, généralement €50/mois
  • Assurance : la famille d'accueil organise généralement l'assurance maladie ou t'ajoute à leur contrat
  • Hébergement et repas : chambre individuelle et tous les repas inclus

Pour une comparaison complète des salaires d'au pair par pays, consulte notre Guide des salaires au pair par pays. Et avant de signer quoi que ce soit, assure-toi d'avoir lu un modèle de contrat au pair correct pour savoir ce qui doit figurer par écrit.

Pourquoi l'Italie

L'Italie est un de ces endroits qui semblent trop beaux pour être vrais jusqu'à ce que tu y vives et que tu réalises que tout est réel. La nourriture est extraordinaire et elle est partout — pas seulement dans les restaurants, mais dans la façon dont les familles ordinaires cuisinent un mardi soir. L'italien est l'une des plus belles langues du monde, et l'apprendre en vivant avec une famille est plus rapide et plus naturel que n'importe quel cours. L'art, l'architecture, la lumière, le littoral, les montagnes — tu pourrais passer un an ici sans épuiser les choses à voir. Et les familles italiennes sont en général chaleureuses, bruyantes, généreuses, et sincèrement soucieuses de te faire sentir comme un membre de la famille plutôt que comme du personnel.

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